Un ami m’a raconté qu’il avait lui aussi eu droit à ce genre de mésaventure avec un de ses artistes favoris, connu lui-aussi par seulement un seul groupe d’initiés qui avait cru qu’il était simple et abordable. Mon ami, se sentant à tort ou à raison légèrement méprisé a donc posé un jour sur un réseau social une question qu’il ne devait apparemment pas poser et qui pourtant était tout à fait légitime. En effet, l’artiste en question avait demandé un appel aux dons pour l’aider dans une démarche médicale. Cet appel avait été largement entendu et l’objectif concernant le montant demandé largement dépassé. Mon ami demandait alors pourquoi la cagnotte continuait à récolter des fonds et à être présente en ligne. Ne surtout jamais parler d’argent !
Il s’était déjà de lui-même désabonné d’un chat crée par l’artiste où malheureusement, après quelques annonces à des fins de marketing, ce dernier n’intervenait quasiment jamais. A partir de là découlaient des discussions sans grand intérêt entre des ados perdus et des trentenaires tout aussi perdus, passant leur temps, du matin au soir derrière leur écran et s’improvisant psychologues, mentors, philosophes ou sociologues au gré de leur humeur. Mais surtout, toujours restants en surface, dans l’instantané et le superficiel, sans jamais tenter d’approfondir quoique ce soit.
La petite question jugée comme assassine entraîna quant à elle, le blocage par le tiers (ou par ses modérateurs) de mon ami sur d’autres plateformes. Cela ne l’affecta guère et le fit même volontiers sourire.
La première plateforme était un site de partage de jeux vidéo pour adolescents boutonneux détourné en site de soi-disant communication mais qui ne s’avèrerait être là encore qu’une vague promotion marketing de produits dérivés. Une rubrique était destinée à poser des questions à l’artiste auquel il répondrait en toute transparence. Mon ami assista donc à des questions du type : « quel est ton papier toilette préféré, ton jeu vidéo préféré » et à tout un tas de questions du même acabit et à des réponses de l’artiste tout aussi intéressantes. Bien-sûr une petite question de fond faisait très tâche au milieu de toute cette guimauve.
La seconde plateforme très connue fut aussi interdite à mon ami. Puni pour crime de lèse-majesté, plus d’accès aux informations, plus d’accès aux stories. Eject, out, game over !
Comme il avait créé d’autres comptes, il avait toujours accès à tout et là, encore il ne put s’empêcher de sourire. De plus, sa connaissance de l’entourage de l’artiste lui donnait accès aux stories de ces derniers, stories bien souvent plus révélatrices que celles de l’artiste lui-même. A part quelques amis plus intelligents qui avaient opté pour un profil privé, les autres aimaient bien s’exposer en identifiant bien-sûr (sinon ce ne serait pas drôle) les personnes autour d’eux.
Enfin, de toute façon, après une telle débauche d’idioties et de paradoxes, il n’avait plus envie de regarder les stories d’aucune de ces personnes et il est reparti vaquer à des occupations plus utiles.
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