De son enfance pour l’instant, je ne sais rien. Je le retrouve étudiant en performance musicale à l’Université de Bath Spa en 2009. Il avait donc 19 ans.
Tiens ce détail me fait sourire : moi aussi je suis allée à Bath mais bien avant que Ren ne naisse. C’était en 1985 : ma chère mère m’avait envoyée en fin de seconde peaufiner mon anglais 3 semaines à Oxford pendant les vacances d’été. J’étais farouchement opposée à cette idée car elle me séparait de mon amoureux (qui, un mariage et trois enfants plus tard, est toujours mon amoureux !). J’avais 16 ans. Pour couronner le tout, j’étais partie avec deux de mes amies mais leur gentils parents avaient choisi des cours uniquement le matin. Ma mère avait opté pour des cours matin et après midi… Je passais donc la moitié de mon temps à rêvasser à mon amour perdu (en espérant que il ne le soit pas pour toujours à cause de ce satané séjour linguistique) ou à pester en pensant à ce que les copines pouvaient bien faire d’amusant pendant que moi je supportais des « Brian is in the kitchen…Mary is in the bathroom ».
Bref, mon anglais est resté le même.
Fort heureusement, la dame à l’oeil blanc chez qui je logeais n’avait probablement jeté qu’un oeil aux directives de ma mère et m’avait gentiment donné une clef du domicile alors que les sorties m’étaient formellement interdites. Les soirées dans les pubs m’ont alors aidées à garder un souvenir positif de cette expérience qui pourtant, sur le papier, ressemblait fort à une torture lente et douloureuse.
Un jour, nous sommes donc allées à Bath en sortie encadrée : je crois que nous y étions allées en bus mais je me rappelle aussi avoir navigué sur la Tamise et d’ y avoir fait tomber l’étui de mon appareil photo. Oui, à l’époque nous avions ce genre de choses mais aussi le minitel et les cartes téléphoniques! S’il s’est fossilisé, il doit toujours s’y trouver mais il y a plus de chance qu’il se soit désintégré comme ma jeunesse de ces années là.
Nous avons fait également une sortie à Londres : un peu punkettes (dans la limite de ce que nous autorisaient nos parents haut-alpins) écoutant Indochine, The Cure et Dépêche mode, nous nous étions mis en tête d’aller visiter Soho dans les 2 heures de temps libre que l’on nous avait octroyées. On devait penser que Londres ne pouvait pas être plus grand que la seule grande ville que nous connaissions, chef- lieu des Hautes-Alpes ! Inutile donc de préciser que nous ne sommes jamais arrivées à Soho, que nous avons fait paniquer tous les éducateurs car il en manquait trois à l’appel au départ du bus et que nous sommes rentrées avec des pieds ravagés par les ampoules !
Bref, ma connaissance de Londres est restée ce qu’elle était.
Par contre, les pubs d’Oxford n’avaient plus de secret pour moi.
Mais je m’égare à nouveau.
Donc Ren, 19 ans, étudiant à l’université de Bath. C’est là qu’il aurait été repéré par des gens de chez Sony, alors que il chantait dans la rue. D’autres articles disent que c’était à Brighton. Je pense que la première hypothèse est la plus plausible puisque il étudiait dans cette ville et que Brighton est à environ 150 kilomètres. A part que ce soit pendant les vacances ? Parce que si mes déductions sont bonnes, sa famille devait vivre à Brighton. En effet, on nous dit qu’alors que signé par Sony et préparant son album (probablement à Londres), il a été forcé à l’abandon par son état de santé et que il a été contraint de rentrer chez lui…à Brighton.
Sur le jeune homme qu’il était à l’époque, peu d’informations. Apparemment il était en bonne santé, plein de vie et de projets. Il allait à la salle de sport presque tous les jours. Puis un matin de 2009, il s’est réveillé dans un état désastreux. Il a d’abord pensé avoir trop bu la veille. Puis il a pensé avoir la grippe… Malgré cet état de fatigue, il a été signé par Sony en 2010. Son état empirant, il a donc été contraint de renoncer.
« Un Icare aux ailes brisées ».
Au départ, les médecins ont pensé qu’il était atteint de troubles bipolaires et dépressifs. Lui-même se décrivait comme ayant l’impression d’avoir perdu toute personnalité et sujet à des crises de panique. Mais des troubles physiques (migraines, douleurs et spasmes musculaires) s’associant à cet état psychique ont fait évoluer le diagnostic en 2011, vers celui du syndrome de fatigue chronique.
En tout, sept années vont s’écouler pendant lesquelles Ren va souffrir mais aussi se battre pour découvrir ce qui lui arrivait, se battre contre lui-même pour ne pas se laisser totalement dévorer, pour ne pas disparaître…. Pendant cette période, sa passion pour la musique semble lui avoir évité le pire, l’avoir contre vents et marées, maintenu à flots.
Ce n’est que en 2016 que des médecins bruxellois découvriront qu’il est atteint de la maladie de Lyme. Il s’agit d’une maladie (due à une piqûre de tique porteuse d’une certaine bactérie) bénigne si elle est traitée à temps par antibiothérapie. Pas 7 ans après… En 7 ans, elle a eu tout le temps qu’il lui fallait pour faire de terribles ravages…
« La Bête est chez elle dans le corps de l’Ange ».
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